Phonétique du Vietnamien

Les tons

Le ton est la hauteur musicale et la courbe mélodique d’une syllable. Le vietnamien standard en comporte six qui sont répartis en deux registres ou niveaux, l’un haut, l’autre bas.

Pour se faire une idée visuelle de la prononciation de chaque ton, on peut représenter l’espace dans lequel évolue la voix comme un carré divisé en deux parties par une ligne horizontale. Il existe trois tons hauts qui évoluent presque toujours dans la partie supérieure, et trois tons bas qui se développent dans la partie inférieure.

Les tons hauts

Le ton Ngang

ngang (horizontal)
ma (fantôme)
tinh (perspicace)
anh em (frères)

Prononcée sur ce ton, la syllabe débute à une hauteur relativement élevée, telle une syllable française au début d’ne phrase déclarative, et évolue toujours selon le même niveau de hauteur.

Le ton Sằc

Il débute sensiblement à la même hauteur que le ton Ngang puis devient de plus en plus élevé. Examples:

sằc (tranchant, bien aiguisé)
(maman, la joue)
tính (caractère, calculer)
ánh sáng (lumière)

Ce ton ressemble à l’intonation de la dernière syllabe prononcée d’une phrase interrogative française, comme dans ‘il ne vient pas?’

Le ton Ngã

Il débute lui aussi au niveau du ton Ngang, puis se brise au milieu de son parcours avant d’amorcer une montée très rapide comme celle du ton Sắc. A l’oreille, c’est comme si nous avions une succession de Ngang-Sắc avec une sorte d’étranglement au milieu. C’est probablement le ton le plus difficile à reproduire. Il n’existe d’ailleurs pas dans le parler du Sud où il est systématiquement remplacé par le ton plus proche de Hỏi. Exemples:

ngã (tomber)
(apparence, cheval)
tĩnh (calme, immobile)
vĩnh viễn (éternellement)

Les tons bas

Le ton Huyền

Ce ton débute à un niveau assez bas puis continue à descendre jusqu’à la fin de son émission. Une syllabe prononcée avec ce ton ressemble à une syllabe française à la fin d’une phrase déclarative, lue avec une intonation descendante. Exemples:

huyền (sombre)
(mais, que)
tình (sentiment)
hòa bình (paix)

Le ton Nặng

Il débute à peu près au même niveau que Huyền, descend légèrement, pui se termine de façon brusque, comme si la voix était étranglée. Exemples:

nặng (lourd)
mạ (jeune plante de riz)
tịnh (tranquille)
lộn xộn (désordonné)

Le ton Hỏi

Ce ton débute également au même niveau que le ton Huyền, descend progressivement, puis, au milieu de son parcours, change de direction et remonte vers son niveau de départ. Exemples:

hỏi (demander, interroger)
mả (tombeau)
tỉnh (province)
hổn hển (haleter)

En vietnamien, les mots qui se terminent par -p, -t, -ch et -c n’admettent que les tons Sắc    et Nắng. A cause de ces finales, ces deux tons se prononcent alors plus brièvement que dans d’autres syllabes. Exemples:

tiếp-tiếp (recevoir, en harmonie avec)
bát-bạt (bol, tente)
sách-sạch (livre, propre)
bác-bạc (oncle, argent)

Dans le parler du Sud, les tons Ngã et Hỏi sont confondus en un seul, avec un début assez bas, une légère descente, puis une remontée finale jusqu’au registre haut. A l’oreille, il n’y a pas de différences entre les exemples suivants prononcés avec l’accent du Sud:

mã-mả
tĩnh-tỉnh
bão-bảo 

Le ton Nặng du parler du Sud est prononcé presque comme le ton Hỏi de la langue standard, c’est-à-dire un début bas, une légère descente, puis une remontée finale jusqu’au niveau de départ. Exemples:

nặng
mạ
tịnh
lộn xộn

Les voyelles antérieures

Ce sont celles qui posent le moins de problèmes aux fancophones. Elles se prononcent avec les lèvres tirées en arrière.

Les voyelles simples (orthographiées, i, ê, e) se prononcent respectivement comme i dans ‘lit’, é dans ‘vélo’ et è dans ‘mère.’

li, lê, le,
im, êm, em
tin, tén, ten

La voyelle brève transcrite par /ě/ est toujours orthographiée a et ne se trouve que dans les mots se terminant par -nh ou -ch. Suivie de -nh, elle se prononce comme in dans ‘matin,’ mais sans insistance sur la nasalisation.

lanh, anh, tanh

Suivie de -ch, elle est prononcée presque comme le è de ‘chèque.’

lách, ách, tách

La diphtongue /ié/ a deux ortographes: –ia en fin de mot où elle se prononce à peu près comme ir dans ‘tir,’ mais en atténuant le r final:

lia, tia, bia

en position non finale où elle se prononce comme dans ‘aliéné,’ en passant rapidement de /i/à/é/:

liên, tiên, biên

Les voyelles postérieures

Elles se prononcent toutes avec les lèvres arondies.

Les trois voyelles simples (orthographiées u, ô, et o) se prononcent respectivement comme ou dans ‘loup,’ ô dans ‘tôt,’ et o dans ‘dors’:

lu, lô, lo
um, ôm, om
mun, môn, mon

La voyelle brève /ǒ/ s’écrit o et ne figure que dans les mots se terminant par -ng ou -c. Elle se prononce comme le o de ‘toc’:

long, ong, tong
lóc, óc, tóc

La diphtongue /ouô/ a deux orthographes: -ua en fin de mot où elle se prononce presque comme our dans ‘tour,’ mais en attendant le r final:

vua, tua, mua

-uô en position non finale où elle se prononce comme ouo dans ‘Drouot,’ en glissant rapidement de /ou/ à /ô/:

buôn, tuôn, muôn

Les voyelles médianes

Dans cette série, seule la voyelle /a/ est semblable au son a du français. Les autres sont des voyelles spécifiques au vietnamien et se prononcent avec les commissures des lèvres tirées vers l’arrière.

Le /u/ n’a pas d’équivalent en français. Il se prononce un peu comme un ou, mais au lieu d’arrondir les lèvres, on doit les écarter comme si l’on faisait un /i/:

lư, tư, cư 

Le /oe/, orthographié ơ se prononce comme oeu dans ‘voeu,’ mais avec les lèvres écartées:

lơ, tơ, cơm

Le /ǒe/, toujours orthographié â se prononce comme le eu dans ‘Polyeucte.’ On ne le trouve jamais en fin de mot:

lấ, tân, câm

Le /ǎ/ bref se prononce comme le a dans ‘lac,’ et peut s’écrire de deux façons:

ă devant une consonne
a devant -u et-y

lắc, tăm, căm
lay, lau

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